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Vendredi, le 02 Août 2002
-CIMEF

 
   
Vendredi, le 02 Août 2002   CIMEF 
 

LE 2E COLLOQUE INTERNATIONAL DES MUSULMANS DE L’ESPACE FRANCOPHONE CIMEF

LE 2E COLLOQUE INTERNATIONAL

DES MUSULMANS DE L'ESPACE FRANCOPHONE CIMEF

« LA SCÈNE INTERNATIONALE

ET LES EXPÉRIENCES D'UNE ÉDUCATION ADAPTÉE »

 

 

Rapport

présenté par Jean-Mathieu Potvin

aux membres du Réseau interassociatif des musulmans

 de l'espace francophone du Canada (Automne 2002)

 

Contenu de ce rapport

Il se concentre surtout sur la synthèse des ateliers de travail qui ont eu lieu lors du CIMEF, ces ateliers constituant le travail effectué collectivement par les délégations. J'ai inclus aussi un historique du CIMEF, les étapes du voyage et du séjour, les modifications apportées à l'horaire circulé avant l'événement, un résumé de mes deux interventions prévues en plénière, des commentaires personnels ainsi que mes suggestions en conclusion.

 

TABLE DES MATIÈRES

  ÉLÉMENTS D'INTRODUCTION________________________ 4

Remerciements particuliers _____________________ 4

Raison d'être et historique du CIMEF _____________ 4

Les trois organes du CIMEF ____________________ 4

Le Comité de pilotage _________________________ 4

Le Secrétarait permanent ________ ______________ 5

Les représentants et délégués des pays ____________ 5

Aperçu du voyage et du séjour à Cotono___________ 5

Caractéristiques des délégations _________________ 6

Changements À l'horaire ______________________ 7

MES DEUX INTERVENTIONS EN TABLE RONDE __ 8

Quelle analyse des événements du 11 septembre et de l'après-11 septembre?_____ 8

PrÉsentation de la communauté musulmane du Canada francophone, de son contexte et de la dÉlÉgation canadienne ____ 9

Caractéristiques de la communauté______________ 9

Problématique récente: la sécurité ______________ 9

Facteur positif: l'ouverture d'esprit de la « société d'accueil » __ 9

La délégation canadienne ____________________ 9

TRAVAIL COLLECTIF EN ATELIERS ____ 10

Atelier 1: DÉterminer les dÉfis À partir de sa situation locale, dÉfinir notre rôle 10 Atelier 2: penser les concepts: anti-mondialisation, citoyenneté, shari'a, jihâd _ 11

Volet A : Définitions communes, définitions construites ____ 11

Volet B : Propositions de projets concrets sous ces rubriques _ 12

SYNTHÈSE FINALE DES PRESENTATIONS ET ATELIERS __ 17

Il faut réformer notre façon de voir le monde _______ 17

Ce qu'il faut faire:dÉvelopper un discours - un seul discours... _ 17

...mais les mÉthodologies doivent Êtres diffÉrenciÉes _____ 17

Le 11 septembre, rÉvélateur de nos dÉficits __________ 18

Le choc des civilisations __________________ 18

Le discours islamique ____________________ 19

La réflexion____________________________ 19

La mise en pratique concrète ______________ 19

Jihâd ________________________________ 20

Projets ______________________________ 21

Conclusion ___________________________ 21

Commentaires additionnels par les participants en plénière ___ 22

Suggestions des participants pour améliorer les prochains CIMEFs ___ 22

PROJETS CONCRETS ________________ 24

PARTENARIATS CIMEF _______________ 24

Le Fonds de Coopération Afrique __________ 24

Le journal ____________________________ 24

AUTRES PROJETS ____________________ 25

Améliorer les contacts entre l'Europe, l'Afrique, l'Amérique du Nord _____ 25

Formation ______________________ 25

POUR CONCLURE …__________ 25

Mes suggestions _________________ 25

Commentaires finaux ______________ 25  

 

 

Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

  ÉLÉMENTS D'INTRODUCTION

 

Remerciements particuliers

 

Je tiens à remercier mon épouse Siham pour son aide précieuse dans la mise en page et la révision de ce texte.

  Raison d'être et historique du CIMEF

 

Extrait de « Cotonou, capitale du CIMEF » , dans le journal La communauté musulmane, Bénin, 2 août 2002, p. 6 :

 

Plus de 200 millions de musulmans aujourd'hui partagent pour des raisons historiques le français en Afrique, en Europe, en Amérique du Nord, en Asie ou encore dans les Iles Maurice ou à Madagascar. Qu'ils soient en majorité comme dans certains pays d'Afrique ou en minorité comme au Canada, en Europe ou en Asie, les musulmans de l'espace francophone sont confrontés à de nombreux défis communs tels que la question de la laïcité, de l'éducation, de la formation, de l'élaboration du discours islamique en langue française, etc. Malheureusement, les occasions de rencontres, d'échanges et de débats sont rares.

 

C'est ce constat qui a inspiré le CIMEF dont la deuxième édition s'est tenu les 2, 3, 4 et 5 août 2002 à Cotonou.

 

Ce genre d'expérience existait déjà dans le monde anglophone et arabophone. Dans l'espace francophone, le seul cadre qui existait depuis 1991 était le Séminaire International des Formateurs et Responsables d'Associations Musulmanes (SIFRAM). Il fallait donc élargir cette expérience. C'est pourquoi, un groupe s'est réuni en marge du SIFRAM qui s'est tenu à Abidjan au début de septembre 1999 et a pris l'initiative d'organiser un Colloque International des Musulmans de l'Espace francophone (CIMEF). Ce cadre sera un espace plus large que le SIFRAM et destiné à rassembler des musulmans et musulmanes (imams, responsables associatifs, intellectuels, etc.) pour échanger sur des thématiques communes. Il devrait s'agir d'une plateforme d'échanges et de débats réunissant une centaine de délégué(e)s. La première édition du CIMEF a eu lieu du 4 au 6 août 2000 à Grand-Bassam en Côte-d'Ivoire. (id., p. 6)

 

Les trois organes du CIMEF

 

Le Comité de pilotage

 

Cet organe du CIMEF est constitué de personnalités connues pour leur engagement et leur expérience. Il a pour tâche d'organiser les différentes rencontres et d'entretenir une relation entre les différentes délégations. Il choisit les thèmes des différentes rencontres et le pays devant abriter (…le) CIMEF. Le comité de pilotage se compose actuellement des (personnes) suivantes: Shaykh Abu Bakr Fofana (Côte d'Ivoire), Mokoudou Thiam (Côte d'Ivoire), Shaykh Youssouf Hassan Diallo (Arabie Saoudite), Tariq Ramadan (Suisse), Professeur Momar Kane (Sénégal), Maconi Cisse (Côte d'Ivoire), Nourou Dini (Cameroun), Ehsan Abdoulrahman (Ile Maurice) (id., p.6)

 

Le Secrétarait permanent

 

…Il est basé à Roubaix (France) et est chargé d'administrer les affaires du CIMEF. Toutes les informations et tous les documents sont centralisés à son niveau. Le Secrétariat produit les actes du Colloque et assure sa vulgarisation. Ses actes sont le fruit des conférences, des interventions enrichissantes, des débats et discussions qui ont cours durant toutes les sessions du colloque. (id. p.6)

 

Les représentants et délégués des pays

 

Il s'agit de l'ensemble des participants au Colloque.

 

 

Aperçu du voyage et du séjour à Cotonou

 

29 juillet, soir

            - Derniers préparatifs, prise de ma deuxième pilule contre le malaria...

 

30 juillet

- Accueil à Paris- par AbdelKader et un autre généreux frère

- Visite du Centre culturel Tawhid

            - Nuitée à l'auberge de jeunesse

 

31 juillet        

- Attente à l'aéroport Charles de Gaulle, rencontre des délégués de France, de l'Ile de la Réunion, des Comorres

            - Vol et arrivée à Lomé au Togo

- Voyage en autobus jusqu'à Cotonou au Bénin (200km):

sans difficulté; pause à la frontière et dégustation de            noix de coco coupée adroitement par une dame au bord de la route (inoubliable!...)

-        Arrivée à Cotonou: accueil chaleureux et repas au restaurant du motel (2am)

-        Dodo...partage d'une chambre avec Saïd, des Iles Comorres

           

1er août

- Repos, visite de Cotonou pour ceux qui le voulaient, arrivée d'autres délégués, d'heureuses retrouvailles...

 

2 août

- Salat al-jumu'a à la grande mosquée de Zongo (on s'y rend en long cortège de type ambassadorial, accompagné de policiers qui écartent le traffic (!))

 

- Cérémonie d'ouverture du colloque: chants avec chorégraphie exécutés par des enfants et adolescents béninois (filles et garçons)- fort touchant..., élocutions par les organisateurs et certains ministres de l'état , conférence d'introduction, discours sur la spiritualité

 

- Échanges et conversations de fin de soirée

          

3 au 5 août

-        Déroulement du colloque

 

6 août

-        Présentation de projets concrets inspirés des conclusions du colloque (p. 23), commentaires en plénière

-        Visite guidée de la mosquée de Zongo (initiative citoyenne de Cotonou) et visites d'une école/mosquée en construction (fruit de dons d'une dame de Cotonou), du zoo, du port, du marché public type « souk », etc.

-        Retour sur Paris

           

Commentaires:

 

J'ai énormément apprécié l'entrelacement au colloque des présentations liées à la spiritualité (al-sabr, at-tawakkul, etc.) - elles furent essentielles au rappel du sens du colloque.

 

Il faut aussi soulever l'importance cruciale des discussion en coulisses, qui ont permis une meilleure compréhension des contextes respectifs, la création de liens plus étroits et profonds entre les participants, la formulation de partenariats et l'échange de coordonnées.

 

Je tiens enfin à souligner l'hospitalité, la générosité infinie des organisateurs béninois, qui ont choisi de supporté des coûts assez importants (logement, repas, location de locaux ont tous été à leurs frais), ainsi que leur professionalisme sous tous les aspects.

           

 

Caractéristiques des délégations

 

            - délégations venant de18 pays ou territoires de la « Francophonie musulmane »:

Belgique, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, République démocratique du Congo, Côte-d'Ivoire, France, Ile Maurice, Ile de la Réunion, Mali, Mauritanie, Niger, Suisse, Togo.

- 4 nouvelles délégations: Algérie, Maroc, Canada, Iles Comorres

- Peu de femmes

Commentaire: la majorité des délégués étaient des intellectuels ou bien très instruits, et presque tous s'exprimaient admirablement.

 

Changements À l'horaire

 

i.          Vendredi 2 août:
1) Table ronde: quelle analyse des événements?

Salah Basalamah a été remplacé au dernier moment par...moi-même.

           

2) Au courant de la journée, un représentant de chaque délégation a présenté sa communauté et le contexte dans laquelle elle évolue (voir Partie 2 ci-dessous)

 

ii.        Samedi 3 août:

            9h-10h: Le titre du premier atelier a été légèrement changé:

Définir notre rôle et déterminer les défis à partir de sa situation locale

 

iii.             En raison de limites de temps, le deuxième atelier intitulé Réfléchir aux enjeux a été suprimé.

 

iv.             La synthèse du premier atelier ne portait pas de titre particulier.

 

v.               Après le dîner, il y eut une présentation par Monsieur Albert Tevoedjre, intellectuel africain réputé et auteur de Pauvreté et richesse des nations, portant sur son nouveau livre Vaincre l'humiliation.

 

vi.             Samedi soir:

Le Shaykh Hassan Youssouf Diallo n'ayant pu se rendre au CIMEF pour des raisons personnelles, Shaykh Mohamed Minta a livré une présentation sur le concept d'at-tawakkul (mettre sa confiance en Dieu).

 

vii.           Dimanche 4 août:

L'atelier 1 a été remplacé par l'atelier 2 qui s'est concentré uniquement sur les concepts de la mondialisation/anti-mondialisation, la citoyenneté, la shari'a et le jihâd.

L'atelier 2 avait comme objet de dégager des projets concrets par rapport aux concepts étudiés.


 

MES DEUX INTERVENTIONS EN TABLE RONDE

 

Quelle analyse des événements du 11 septembre et de l'après-11 septembre?

 

(5-7 minutes)

 

Les événements du 11 septembre et de l'après-11 septembre ont occasionné/révélé trois différentes réactions/postures chez les musulmans du Canada:

 

1-     un repli sur soi-même accompagné de comportements anti-identitaires (ex.: parler des musulmans comme étant « les autres »; certaines femmes décidant de ne plus porter le foulard; certains hommes se rasant la barbe, etc.) ;

2-     un repli sur soi et sur sa communauté avec renforcement identitaire ;

3-     une posture plus réfléchie et des questionnements: pourquoi les musulmans sont si faibles qu'ils n'ont plus d'autre recours que des actes terroristes? Comment agir pour bâtir nos forces, renforcer notre position au Canada, mieux faire connaître l'islam? Il y eut une prise de conscience de la nécessité d'une plus grande implication des musulmans dans la société suivie d'une augmentation de leur participation citoyenne et communataire.

 

Le discours des musulmans au Canada:

 

1-     la plupart des dirigeants et individus qui se sont prononcés publiquement ont fortement condamné les attentats, mais tout en soulignant le besoin d'élucider, de réfléchir sur, les causes profondes de ces attaques (oppression des musulmans dans plusieurs parties du monde, incapacité/manque de volonté des gouvernements musulmans de les aider et ressentiment d'impuissance en résultant). Le discours majoritaire en fut un de victimisation des musulmans.

2-     une petite minorité avait un discours d'un autre type, c'est-à-dire: les musulmans sont capables de telles actions et il faut critiquer des tendances inquiétantes dans le discours de certains musulmans; celle-ci pensait que les musulmans ne débattaient pas assez de ces choses.

 

En général, le 11 septembre a révélé une communauté musulmane canadienne majoritairement repliée sur elle-même, isolée, divisée (surtout à Montréal) et a contribué à renforcer cet isolement. Mais une autre section de la communauté est sortie de sa torpeur, s'est questionnée et a commencé/continué à s'organiser et à agir pour le bien de l'islam, des musulmans et de leur société: il s'agit certes d'une tendance encourageante...

 

 

PrÉsentation de la communauté musulmane du Canada francophone, de son contexte et de la dÉlÉgation canadienne  

(4 points succints étaient demandés)

 

Caractéristiques de la communauté Communauté d'environ 120 000 personnes, relativement récente au Canada, en forte croissance dû surtout à l'immigration, diverse dans ses origines, à forte composition maghrébine, très concentrée dans la métropole de Montréal, scolarisée, mais frappée d'un haut taux de chômage, vivant aux côtés d'une communauté musulmane anglophone; enfin, récemment mieux organisée...   Problématique récente: la sécurité En raison de la plus grande intégration des systèmes de sécurité et de l'introduction de lois anti-terroristes au Canada, c'est surtout la communauté musulmane canadienne qui est fragilisée en raison notamment des amalgames qui sont faites à son égard.   Facteur positif: l'ouverture d'esprit de la « société d'accueil » La société canadienne-française ou québécoise n'a pas le même passif colonial que les pays d'Europe. Aussi le Canada se considère comme un pays d'immigration, ce qui accroît le potentiel de dialogue, de compréhension et de projets communs entre musulmans et leurs concitoyens canadiens.   La délégation canadienne Présentation en quelques mots de notre délégation et du Réseau interassociatif de l'espace francophone du Canada.

 

 


 

TRAVAIL COLLECTIF EN ATELIERS

 

Notes: 1. La composition des groupes est restée la même pendant tout le colloque, chaque groupe consistant d'environ 15 personnes.

 

2. Synthèses effectuées et présentées par Dr. Tariq Ramadan, avec ajouts par moi-même à partir de notes prises pendant les ateliers.

 

Atelier 1: DÉterminer les dÉfis À partir de sa situation locale, dÉfinir notre rôle

 

6 défis:

 

1)     La conscientisation

Un but de l'action des associations musulmanes est de conscientiser la communauté musulmane sur l'islam et le contexte dans lequel on vit.

 

2)     L'éducation

a.      La dimension spirituelle:

UNE SPIRITUALITÉ DE L'ACTION - Comment ma spiritualité est-elle préservée dans l'action?

 

b.     L'élaboration d'un discours: nous reviendrons plus tard sur cette question

 

c.      Une formation adaptée (ex.: en Afrique, prendre en compte les coutumes)

 

d.     L'éducation sociale (c.à.d. sur les dynamiques sociales), politique et économique

 

3)     Le dialogue intra-communautaire (entre musulmans)

des États-Unis à l'Asie, c'est une nécessité…mais qui le fait?

 

4)     La solidarité entre les riches et les pauvres

Le problème des classes sociales. Il est important d'établir ce lien, de conscientiser les riches par le porte-monnaie, mais surtout par la conscience.

 

5)     Sortir de l'isolement

Parfois cet isolement est imposé. Aux États-Unis, on donne les moyens aux communautés de s'isoler. Que nous soyons majoritaires ou minoritaires, nous avons une mentalité de minoritaires (une posture défensive et minoritaire). Nous sommes dans une guerre psychologique - on est sous surveillance. Cette guerre n'a pas d'armes mais elle a un nom - « la sécurité ».

 

6)     Les mouvements citoyens

Présence, participation

 

Notre rôle (6 points):

 

1)     La promotion d'une spiritualité adaptée aux défis

 

2)     Clarifier la pensée islamique et diffuser le discours

 

3)     Augmenter la communication entre nous

 

4)     Former des cadres et des référents religieux du terrain où nous sommes

 

5)     Développer l'information (sur les plans politique, social, etc.)

 

6)     Des contributions:

a.      éducative

b.     social/politique

c.      des partenariats (pas du type « Ils vont nous aider à nous en sortir… » mais « Je vais contribuer aux idées dans le cadre de ce partenariat »

 

Atelier 2: penser les concepts: anti-mondialisation, citoyenneté, shari'a, jihâd

 

Note:   Chaque concept était traité par 2 des 8 groupes des participants.

 

Volet A : Définitions communes, définitions construites

 

- Qu'est-ce que l'on entend généralement par ces termes?

- Comment nous nous pouvons les approcher? (Y a t-il une différence?)

 

Mondialisation/anti-mondialisation:

 

La mondialisation a deux types de définitions: l'une idéologique et l'autre normative. Selon cette dernière définition, la mondialisation est un système de gestion commerciale mondiale et de partage des acquis de la science. C'est un système où la priorité est l'économie.

 

L'anti-mondialisation, c'est refuser l'hégémonie de l'économie et vouloir une économie avec une finalitée humaine. Le mouvement s'oppose à la mondialisation néo-libérale. Nous ne vivons pas dans un village global, plutôt dans une jungle. Les musulmans ne doivent pas rejeter la mondialisation mais y ajouter les éléments de droit, justice, égalité, dignité. Il s'agit de trouver une alternative.

 

Citoyenneté:

 

Il s'agit de la dimension d'appartenance individuelle à une collectivité réelle impliquant la connaissance et la reconnaissance des responsabilités, droits et devoirs. En tant que musulmans, il faut ajouter à ceci les commandements islamiques.

 

Shari'a:

 

Une perception entièrement négative chez les musulmans: deux branches - perception de l'élite politique et celle de l'élite religieuse. Souvent comprise en tant que code pénal. Utilisée come arme politique, comme moyen de diabolisation, d'impérialisme.

Les musulmans eux-mêmes ont une comprehension superficielle du terme. Notamment, on applique la shari'a lorsqu'on commence à appliquer les hududs. Par ailleurs, l'élite politique voit la shari'a comme un enjeu politique, un moyen d'affaiblir l'opposition, d'assujettir le peuple. Et l'élite religieuse ne se fait pas comprendre assez clairement par la masse.

 

Il s'agit de faire un travail d'éducation et de demander aux oulémas de faire un travail d'étude et de contextualisation. Appliquer les règles par étapes.

 

Une distinction a été faite entre voie et loi. Si c'est une voie, alors la loi ne serait qu'une étape sur la voie. La source est divine, la construction est humaine (quoiqu'elle peut être légitimée par le texte).

 

Jihâd:

 

La compréhension générale est, elle aussi, négative. Le terme a un sens, soit l'effort dans la voie de Dieu, et le jihâd s'incrit dans les limites de la loi divine. Jihâd signifie aussi le légitime recours à une lutte armée.

 

Historiquement, il y eut exportation de références chrétiennes dans le monde islamique (ex.: la guerre sainte semble correspondre). Il y a une vision ancrée dans l'histoire de l'islam expansionniste, violent. On a voulu faire en sorte que le terme jihâd soit enlevé des manuels scolaires (ex.: des conseillers occidentaux ont œuvré en ce sens).

 

Il s'agit d'effectuer une réforme de l'intérieur pour aller vers plus de justice. Exemple: jihâd associatif, jihâd social de l'islam: veut dire plus de justice sociale. C'est comme dire: « nous sommes en guerre contre l'injustice, la pauvreté ». Pourtant le terme « guerre » ici ne gêne personne. L'imposition d'une définition se mesure à la fréquence de l'usage d'un terme.

 

Volet B : Propositions de projets concrets sous ces rubriques

 

Qu'est-ce que nous avons à proposer comme projets concrets sous les 4 rubriques que représentent ces termes?

 

 

Note:   Chaque terme est traité par 2 des 8 groupes.

 

    Commentaire introductif:

 

Il s'est dégagé une cohérence des domaines - on intègre notre action citoyenne au jihâd aux alternatives à la mondialisation. On entre dans le système, dans le respect constitutionnel, pour mener des actions de l'intérieur.

 

Notre travail à travers cet atelier traduit une façon de comprendre par un jihâd actif notre application de la shari'a.

 

Il est important que chaque communauté musulmane évalue ce qui est fait concrètement par rapport à toutes les actions mentionnées.

 

Ce qui ressort ici est concrètement une vision de travail.

 

On a peut être sans le savoir, développé une vision, ici même.         I.     Comment appliquer la shari'a?   1.     Responsabilisation individuelle Vivre en conformité avec la shari'a, de soi à soi, chacun dans son cœur…   2.     Sensibiliser à la shari'a                                                     i.     Expliquer et former (c'est obligatoire dans son milieu) 1.     les masses 2.     les cadres 3.      les dirigeants (y inclus les imams)- il faut au moins un (1) imam allié à la cause; il faut toujours trouver l'imam qui est la clé- dans chaque milieu, il y a quelqu'un qui est sensible aux considérations que nous avons soulevées.                                                     ii.     Moyens de diffusion: livres, outils pédagogiques, séminaires de formation, télévision, etc. Maintenant, on est un peu éparpillé, pas coordonné. Il faut coordonner, capitaliser, avec en tête que l'on veut sensibiliser.   3.     Production d'un discours clair (avant de sensibiliser)   4.     Développer des espaces de débat   5.     Mener des actions concrètes:          5 types                                                    iii.     Solidarité/justice sociale: Ne pas se limiter à la charité mais faire la promotion du droit aussi.                                                  iv.     Actions intellectuelles: Espaces de débat pour promouvoir l'autonomie intellectuelle (pour penser par soi-même). Porter que ce que je peux porter, mais le porter.                                                   v.     Économiques: Alternatives - banques, micro-finance, micro-entreprise, coopératives de développement: il s'agit de la shari'a où l'on est. Auto-financement: développer l'indépendance (c'est une obligation imposée par Dieu).                                                  vi.     Politiques: La participation citoyenne - s'engager dans les élections, les débats, etc.                                                vii.     Institutions: marquer le progrès par des institutions sur le plan local. Commentaire: avant, le monde de la shari'a et de la laïcité se cognaient (chez les penseurs musulmans), mais la shari'a ne se cogne à rien. Elle intègre.       II.     Types de jihâd   1.     Lutter pour développer la formation spirituelle Les coloniaux ont voulu nous faire penser qu'il y a un différent islam -le soufisme avec ses caractéristiques spécifiques.   2.     Lutter pour la formation intellectuelle Pour une connaissance fondée sur le savoir et la connaissance - le savoir observer - c'est une forme de jihâd, c'est un combat.   3.     Lutter pour un meilleur comportement   4.     Lutter contre la pauvreté, la revendication des droits (en fait, pour la dignité) Ex.: est-ce légal de dissoudre le Parlement? Ont-ils le droit?   5.     Promotion d'une économie alternative Initier des projets alternatifs au service de l'homme (nous avons beaucoup à apprendre de nos frères asiatiques). Nous avons beaucoup de travail de recherche à faire.   6.     Lutter pour la communication Maîtrise de la langue: Toute pensée qui s'énonce dans le flou ne mènera à rien. Perfectionner le français; pour corriger, il faut user de pédagogie.   7.     Lutter pour la consommation Tu es ce que tu manges. Ex.: Coca-Cola, Nike, font la promotion de l'esclavage.   8.     Lutter pour une culture alternative   Commentaire: Tout ceci consiste à adopter une lutte de résistance - c'est ce que jihâd veut dire.   III.     Citoyenneté                                                       i.     Connaître ses sources                                                   ii.     Connaître son environnement                                                 iii.     Avoir un seul discours                                                 iv.     Participer   On insuffle à la citoyenneté les valeurs qui proviennent de l'islam.   Le jihâd de la citoyenneté   I-                une obligation   II-             développer une culture citoyenne (faire le lien entre valeurs islamiques, shari'a et citoyenneté)   III-           mener des débats, causeries, discussions pour débattre sur cela; mettre en place des associations qui vont développer cela   IV-           actions de solidarité   V-             le débat sur les droits humains, la lutte contre la pauvreté (ex.: initiatives économiques telles la micro-finance, etc.)   VI-           développement d'une plate-forme intra et extra-communautaire   VII-         l'autofinancement   VIII-      la participation à l'intérêt général       IV.     Mondialisation (10 points):   1.     Les acquis:   a.   La conscience des peuples (la connaissance des uns et des autres) b.     Les acquis technologiques c.      Les échanges culturels d.     La démocratie se répand e.      La remise en cause de nos concepts et de nos comportements (depuis le début des années 80, l'idée s'est répandue) - répond à 'alamiyat al-islam (la dimension globale de l'islam) f.       Être acteur à l'intérieur et à l'extérieur pour le changement, et au nom de nos principes et au nom de ces principes, on en sort (on sort du système).   2.     On ne peut développer un système économique à côté du système, mais sortir du système à partir de l'intérieur du système.   3.     La formation des cadres:   a.      aux sciences islamiques b.     aux sciences, aux technologies   4.     Le développement d'un système d'information alternatif (ex.: projet de journal)   5.     Institutionnaliser les initiatives   6.     Créer, développer des projets Nord-Sud Il existe beaucoup de voies de financement dans le Nord par rapport à ce travail, mais on ne les explore pas.   7.     Le développement par des ONG de micro-projets économiques pour développer une économie de base   8.     S'imposer la consommation alternative   9.     Les réseaux de coopération   10.  Diffuser le message et les valeurs de l'islam    


 

SYNTHÈSE FINALE DES PRESENTATIONS ET ATELIERS (d'après l'exposé de Tariq Ramadan)   Dans la préparation du second CIMEF, le comité de pilotage a cru bon de tenir compte des événements du 11 septembre. Mais il fallait penser aussi aux grandes questions cruciales.   Le cœur même de ce second CIMEF a été une éducation adaptée au défi.   Voici les points majeurs qui ressortent du travail accompli.   Il faut réformer notre façon de voir le monde   Il n'y a pas deux réalités - une s'appliquant à un monde et une à l'autre. L'ordre du monde est global.   Le capitalisme n'est pas en crise. Il va au bout de sa logique. Il se fonde sur des centres (au Nord et au Sud). Mais la même réalité, la même chose se passe au Nord comme au Sud.   Il n'y a pas de dar al-islam et de dar al-shirk. La proéminence de l'économie a brisé la barrière. Le droit des peuples n'a aucun effet sur le droit de l'économie - les logiques sont complexes.   Il s'agit de faire la différence entre la législation internationale et les domaines d'activités. La logique de la mondialisation néo-libérale est fondée sur la spéculation, l'intérêt et l'argent qui fait de l'argent. Pour nous, c'est donc la guerre dans le domaine de l'économie.   Ce qu'il faut faire:dÉvelopper un discours - un seul discours...   Les distinctions géographiques sont caduques, elles n'ont plus de poids (dar al-harb, dar al-islam). Il faut donc bâtir des ponts.   Il faut bâtir un discours qui est fondamentalement le même: il s'agit d'une résistance globale à « l'ordre mondial ». Il ne faut donc pas séparer le Nord du Sud, ne pas avoir une mentalité de colonisateurs, de civilisateurs.   ...mais les mÉthodologies doivent Êtres diffÉrenciÉes   Considérations: Les spécificités des lieux: il faut observer le monde - al-kitab al-manshour - le « Livre déployé »   Les spécificités des domaines: chaque domaine requiert une méthodologie, des spécialisations particulières.   Le 11 septembre, rÉvélateur de nos dÉficits   déficits dans notre pensée: En termes d'analyse, c'était bricolé, émotif, frileux. Notre analyse était révélation d'un trop plein d'émotion et d'un déficit de pensée, de précision, etc. Ex.: « Vive Ben Laden! » - pas d'analyse, peut-être c'était un piège... D'autre part, on n'avait pas le droit, pas le courage, d'exprimer nos doutes par rapport à ce qui s'était réellement passé.   Le discours dans le Nord: -    n'était pas clair -    mettait en évidence les causes -     a pointé le doigt vers l'Amérique, a critiqué l'intervention en Afghanistan   déficits dans notre capacité d'auto-critique: Il faut un discours auto-critique de dignité, critiquer celui qui dit « Tu peux tuer l'Américain, le Juif, le chrétien ( parce qu'il est Américain, Juif ou chrétien) »   Le choc des civilisations   Il s'agit d'une thèse qui n'est pas nouvelle, mais qui change de méthode. À travers l'histoire, elle a connu des phases: entre autres, la dénaturation - c'est-à-dire changer le message de l'autre. Il y a aussi eu auto-dénaturation: on te fait parler de toi comme on veut qu'on te voit (c'est le « best » de la dénaturation).   Il y a eu une réaction à la mondialisation néo-libérale, c'est le mouvement anti-mondialiste. Les musulmans doivent construire des partenariats avec ces mouvements. Nous avons des instruments alternatifs à proposer à ces mouvements: 1)     les micro-entreprises et les coopératives locales de développement 2)     le micro-financement 3)     la zakat   Pour les musulmans, le monde de l'économie libérale est en guerre. L'islam est intrinsèquement anti-néo-libéralisme. Il faut donc voir comment entrer dans ce système pour mieux en sortir. La zakat, entre autres est très sous-exploité.   Le choc des civilisation soustend une idéologie.   Il faut faire preuve de discernement, et concevoir une autre approche que binaire. Reconnaître que là où l'on pense que c'est le mal, il y a du bien, et qu'il y a du mal aussi chez les musulmans. Il faut fonder notre discours sur l'universalité des principes.   Cette confrontation nous renvoie à nos textes. Le choc, c'est un réveil intellectuel. La confrontation fait partie de qui on est, nous dit le Coran. Comment doit s'effectuer ce réveil, dans l'émotion ou la sagesse? (référence à la présentation du Sheikh Fofana sur al-sabr, la patience dans l'effort.)   Le discours islamique   1-     l'islam est naturel 2-     l'islam est universel 3-     une compréhension des textes et du contexte (le contexte est aussi linguisitique: toute expression de l'islam en français qui est déficitaire est une expression de ce qui est déficitaire chez les musulmans).   Les textes: comprendre la terminologie, aussi les mots en langue française   Distinguer les principes des modèles.   Il y a des latitudes d'interprétation possibles: - les 'ulama travaillent à un niveau - nous sommes des spécialistes du terrain - les 'ulama du terrain - on a des stratégies, des projets à proposer et nous sommes les seuls qui pouvons le faire.   Comprendre les approches selon les domaines: - connaissances générales pour ceux qui y œuvrent             - connaissances spéciales pour les domaines politique, sociale, économique, etc.   La réflexion   -        Définir les acquis et les déficits -        Définir ensuite des objectifs -        Déterminer des étapes -        Évaluer et réajuster (nous faisons rarement ou jamais une évaluation intermédiaire) -        Les étapes: c'est là où les méthodologies diffèrent.   La mise en pratique concrète   - Il y a eu d'abord réflexion à partir de nos sources - ensuite, il y aura ijtihad de chacun d'entre nous: comment puis-je faire ceci (ex.: proposition de projet) selon mon contexte. - comprendre - former - diffuser la connaissance - développer un discours explicatif mettant en évidence les priorités de la shari'a - chercher à protéger l'indépendance de ceux qui travaillent (attention aux subventions gouvernementales); parfois il est mieux de refuser pour rester libres plutôt que d'êtres colonisés.   Jihâd   On n'est pas allé au bout de ce que ce terme implique. La shari'a suppose une résistance, un jihâd. Le jihâd est la condition de la shari'a.   Types de jihâds nécessaires:   1-     le jihâd spirituel (cœur)   2-     le jihâd intellectuel: façonner dans ta tête l'information que tu reçois   3-     le jihâd de la formation et de l'éducation: l'instruction, aussi le comportement   4-     le jihâd contre l'injustice: pas seulement pour la charité, c'est du droit, un combat pour le droit de ceux qui sont dans le besoin.   5-     le jihâd de la communication   6-     le jihâd de la consommation a.      sur le respect de la création (ex.: bien traiter les animaux avant l'abattage) b.     choix de produits (ex.: pas Coca-Cola, etc.)   7-     le jihâd de la culture a.      discernement b.     développer une culture alternative   8-     le jihâd du citoyen: a.      comprendre la constitution b.     développer une culture/éthique de la citoyenneté   9-     le combat pour la justice   10- le combat pour l'indépendance   11- le combat pour l'intérêt de tous- pas uniquement pour nous musulmans (sauver ceux qui se négligent)   Note: connaître les acquis, technologiques et autres   Projets   1-     promouvoir l'ijtihâd: a.      au niveau des textes: les penseurs et savants b.     à un différent niveau: trouver une voie, par les spécialistes du local   2-     agir localement   3-     formation des cadres   4-     l'information alternative   5-     alternatives: la micro-entreprise, la micro-finance, etc.   6-     institutionnaliser les acquis pour qu'ils soient des instruments de renforcement   Conclusion   Il y a eu une grande cohérence dans le travail exécuté pendant le CIMEF.   Il en est ressorti une vision d'une éthique de la citoyenneté pour une alternative à la mondialisation néo-libérale. Il est question de jihâd social, politique et intellectuel.   Il faut donner sa place à la spiritualité, qui est l'essence centrale. Être avec Allah, s'emplir. Le tawhîd est notre repère, dans la discipline de soi. Tu ne sais pas bien réfléchir si tu ne traites pas bien ton cœur. Toujours avoir conscience de Dieu. Je veux voir Dieu pour ne plus voir la force des humains qui me confrontent. L'essentiel: la proximité de Lui est ma force vis-à-vis d'eux.   La présentation de Mohamed Minta qui a porté sur at-tawakkul a mis en évidence l'enseignement suivant: « Fais tout ce que tu peux et mets ta confiance en Dieu pour ce qui est du résultat. » Tout ce que l'on a fait pendant le CIMEF (réfléchir, les projets, etc.), consiste à « Attache ta chamelle » dans le sens du hadith du Prophète (pbsl).   Mais pour s'en remettre à Dieu, cela prend de la patience, de la persévérance (as-sabr, le sujet de la présentation du Sheikh Fofana). Parfois on peut subir des coups d'état émotionnels d'une intensité de 36 coups de couteau. Les autres (soutenus par des psychologues), nous tendent parfois des pièges pour voir comment on va réagir. La maîrise de soi est donc primordiale. Il faut savoir prendre du recul, surtout intellectuellement (après « le coup » de l'autre).   La force, c'est la force de la maîtrise, pas celle qui renverse l'ennemi. Ne jamais réagir au coup pour coup. Avoir une capacité de discernement- car le Diable est en train de travailler en moi, parmi nous. Shaytân travaille parmi nous et Dieu travaille chez les autres aussi. Il est possible de voir de l'islam chez l'autre, on peut donc bénéficier de ce que l'autre a à offrir.   Commentaires additionnels par les participants en plénière

 

1-     Il faut profiter des réalisations d'autres sphères culturelles, pas forcément francophones, et en discuter entre francophones.

 

2-     Prendre chez les penseurs non-musulmans des éléments utiles.

 

3-     Adjoindre aux actes du Colloque une liste d'ouvrages suggérés.

 

4-     L'économie est un domaine où le facteur temps est très important. Ceci pose un grand défi pour les 'ulama.

 

5-     Le sheikh Fofana (Côte d'Ivoire):

a.      On passe plus de temps à protéger les femmes que de penser à leur épanouissement (ne pas confondre la protection des femmes avec leur étouffement)

Quelles sont nos visions des problèmes de la femme et comment la femme peut-elle partir d'un point de vue islamique pour se défendre?

Privilégier leur épanouissement et leur formation afin qu'elles deviennent l'interlocutrice.

 

b.     Il faut que nous soyions un problème pour la conscience occidentale. « Je ne veux pas seulement que vous me respectiez mais je veux que ma présence vous tracasse. »

 

6-     Une participante béninoise:

a.      Il n'y aurait pas de problème de la femme en islam si les hommes étaient véritablement « islamiques ».

b.     Il existe une association de femmes, un centre qui cherche des moyens de mobiliser la zakat pour des projets.

 

7-     Un fiqh de l'offensive est maintenant nécessaire. Ne pas se penser en tant que minorité. On est peut-être en minorité en nombre mais majoritaires dans nos préoccupations.

 

8-     Avoir une mémoire de l'histoire pour ne pas répéter les mêmes erreurs (plusieurs états ont fait successivement les mêmes erreurs).

 

9-     Tariq Ramadan: le diable entre dans la sincérité de celui qui n'a pas la compétence de son action (ex.: le FBI manipulait Malcolm X).

 

 

Suggestions des participants pour améliorer les prochains CIMEFs

 

1-     L'importance du suivi: avoir un comité pour cela

2-     Inviter une personne de l'extérieur (quelqu'un qui apporte une autre dimension)

3-     Avoir une plénière sur un thème précis

4-     Rendre disponible une documentation permanente concernant l'engagement associatif

5-     Inviter des ONGs pour qu'ils parlent en direct de leur expérience

6-     Insitutionnaliser la formation

7-     Avoir un projet-pilote à évaluer au prochain CIMEF (ex.: fond d'épargne)/ou encore un CIMEF très pratique dédié uniquement à cela).

8-     Il faudrait que plus des femmes participent au CIMEF et qu'il y ait des femmes intervenantes.


 

PROJETS CONCRETS   PARTENARIATS CIMEF

 

Le Fonds de Coopération Afrique

 

Le Fonds de Coopération Afrique a pour objectif de développer un partenariat solidaire et humanitaire en direction du continent africain en apportant un soutien matériel et financier pour faciliter l'accès aux supports écrits, audio et vidéo en langue française (voir les Actes du premier Colloque International des Musulmans dans l'Espace Francophone)

 

Fonctionnement:

Le plafond par pays est fixé à 20 000 francs français.

Un partenaire associatif ou autre passe une commande et le fonds lui prête la quantité commandée (à grand escompte). Le partenaire vend ces matériels, garde 80% des recettes et transfert le 20% qui reste au Fonds.

 

Pour plus de détails, consulter les Actes du premier CIMEF.

 

Le journal

 

Objet:

L'objet de ce journal sera de valoriser ce qui arrive au Sud et au Nord, à l'intérieur comme à l'extérieur de la communauté musulmane: les relations Nord-Nord et les relations Nord-Sud.

Ce sera un journal non d'information, ni de da'wa, mais un journal d'opinion, qui va au fond de la pensée, pour compléter ce qui existe déjà.

 

Côté technique:

électronique et imprimé.

 

Comité éditorial:

- formé de personnalités qui peuvent écrire

- formé de personnalités qui connaissent d'autres gens qui peuvent écrire

- représentant une « philosophie »

 

Côté financier:

Le coût du journal est moins important. On surévaluera le prix pour les abonnés de l'Europe et du Canada par exemple pour aider d'autres abonnés.

 

Fréquence:

6 numéros par année

 

Premier numéro:

Parution d'ici janvier 2003

 

AUTRES PROJETS   Améliorer les contacts entre l'Europe, l'Afrique, l'Amérique du Nord

 

1) Un pôle de personnes s'occupent de mettre sur pied une liste d'adresses courriel pour nous permettre de rester en contact.

 

2) Entre deux CIMEFs, une rencontre aura lieu en Europe à laquelle les Africains participeront.

 

Formation

 

1- Une formation à intervalles régulières

 

2- Les activités de formation de Présence musulmane: cassettes audio, vidéo, cours et formation.

 

 

POUR CONCLURE …

 

Mes suggestions

 

1)         Réduire les critères de selection des délégués pour permettre à un plus grand nombre de participer aux prochains colloques et de visiter l'Afrique sub-saharienne ;

           

2)               Le grand consensus qui s'est dégagé du travail en ateliers nous pousse à prêter une grande attention aux conclusions du CIMEF, puisqu'il en découle des implications directes et concrètes pour notre travail sur le terrain. Se poser la question comment nous pouvons répondre concrètement aux défis énoncés ici et appliquer ses propositions et participer dans les projets concrets mis sur pied. Aussi penser sérieusement à comment jeter des ponts avec l'Europe et avec les autres pays présents ;

 

3)               Parallèles evidents entre les résultats du CIMEF et ceux de notre discussion sur la mission et les objectifs du Réseau interassociatif.

 

Commentaires finaux

           

Je suis profondément désolé que mes études m'ont emmenées loin de vous et que je n'ai pu vous transmettre ce rapport en personne et vous communiquer les fortes émotions vécues. Cependant, nous pouvons toujours nous rattraper si vous voulez bien, donc n'hésitez pas à me contacter pour toute question ou si vous voulez simplement échanger, aux coordonnées suivantes: jmathieup@hotmail.com

Wa as-salamu 'alaykum wa rahmatullahi wa barakatuh

 

Horaire : De 00h00 à 00h00, début à l’heure juste
Lieu : Cotonou, Bénin. 2 août 2002
Admission : $ - Prix de soutient : $